MONA OZOUF, FEMME DES LUMIÈRES

Philosophe de formation, historienne, essayiste, Mona Ozouf est une figure de la vie intellectuelle française, incontournable lorsqu’on s’intéresse à l’école, la Révolution française, et la condition féminine. Tout au long de sa vie, ces thèmes ont nourri ses essais et ses articles au Nouvel Observateur.

2011, 52'

 

Film documentaire de Juliette Senik   

Collection « Empreintes », France 5 



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Née en Bretagne en 1931 de parents instituteurs engagés, Mona Ozouf a le parcours exemplaire d’une enfant de l’école républicaine. Montée à Paris pour intégrer l’Ecole Normale Supérieure, elle y rencontre ceux qui seront ses compagnons de vie et de travail. Ils formeront la génération des nouveaux historiens rassemblés autour de François Furet, et travailleront sur la Révolution française, l’école, la République.

 

Mais point d’austérité chez Mona Ozouf. Elégante dans son allure comme dans son langage, elle défend l’idée d’une nature féminine. Grande amoureuse, elle a été toute sa vie la complice et l’égale des hommes. Elle incarne et propose dans son œuvre un modèle féminin à la française.  Son féminisme repose sur les nuances infinies que suggèrent les romans, dont l’insatiable lectrice s’est nourrie. Ses positions lui ont d’ailleurs valu l’attaque récente de féministes radicales.

 

Brillante et modeste, choisissant ses mots avec précision et simplicité, elle irradie de sa présence ce film de la collection « Empreintes » où elle livre avec grâce les clefs de son existence et de ses engagements. L’enfance, solitaire, dans l’ombre du père mort et sous la tutelle des femmes de la famille, est la clef de voûte de sa vie. Des images d’archives de la Bretagne de l’entre-deux guerres font revivre le monde disparu dont vient Mona Ozouf, en contrepoint d’images d’aujourd’hui : Mona retourne à l’école primaire de Plouha où elle vécut enfant et y retrouve ses camarades d’école. Le film, par son parcours géographique, retrace un chemin et une ascension sociale, de la Bretagne où elle va dédicacer ses livres et retrouver la plage de son enfance, au salon du Crillon à Paris où elle participe au prix Femina, en passant par la maison de campagne où elle lit et écrit. De l’engagement au Parti communiste à l’écriture sur la littérature, itinéraire cohérent d’une grande dame qui n’a jamais oublié d’où elle venait.

 

 

 

La réalisatrice

 

Auteur réalisatrice de nombreux documentaires (« Ikéa, nos vies heureuses ? », « Les Fouilleurs », « Classe Louvre », « Les tontons parfumeurs »,…), Juliette Senik aime explorer les facettes et les ressources de la société, en cherchant toujours un angle original qui permette de raconter plusieurs choses à la fois. Elle est également lectrice pour le Fonds d’Innovation audiovisuelle du CNC et consultante scénariste pour le Céci (Centre des Écritures Cinématographiques).



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