LES SCIENCES DE L’ARCHÉOLOGIE

L’INRAP – Institut National de Recherche et d’Archéologie Préventive – assure la détection et l’étude du patrimoine archéologique touché par les travaux d’aménagement du territoire, et accompagne sa mission de sauvegarde des « archives du sol » par une politique de production d’images, vecteur privilégié de diffusion de la connaissance auprès du public.

La Collection « Les sciences de l’archéologie » est composée d’une vingtaine de films de cinq minutes environ, qui présentent au grand public autant de disciplines (géomorphologie, topologie, palynologie, archéozoomorphologie, etc.) qui concourent à la recherche en archéologie. Chaque science est incarnée par un scientifique travaillant avec l’INRAP. Filmé sur le terrain et dans son laboratoire, il présente sa vocation, son parcours, sa démarche d’analyse des résultats, sa discipline.  

2008-2010, 20 x 5'

 

Films réalisés par Pascal Magontier et Hugues de Rosière  

Une coproduction Schuch Productions / Inrap



TELECHARGER LE PDF

 

Les épisodes

 

Frédéric Audouit Topographe

La topographie est une technique de prises de mesures, dans les trois dimensions, qui permet la représentation en plan des formes visibles sur le terrain, notamment le relief. Le topographe accompagne l’ archéologue dans ses recherches en établissant le plan du site et des découvertes (murs, fossés, fosses, objets…), afin de restituer la position exacte des vestiges dans l’espace et les uns par rapport aux autres. Ainsi leur report sur les cartes (géologiques, pédologiques…) et les cadastres anciens ou actuels permet de les envisager dans un contexte plus général.  

 

 

Ginette Auxiette Archéozoologue

 

L’archéozoologue étudie les relations entre l’homme et l’animal dans le passé par l’analyse des restes fauniques retrouvés en contexte archéologique. À partir de ces restes, il identifie les modes d’ appropriation (chasse, collecte, pêche, élevage), le nombre et le type d’espèces (spectre faunique) et la composition des populations animales (sexe, âge, taille). L’observation des pathologies apporte de précieuses informations sur les conditions de vie des individus exploités (maladies, traumatismes). L’analyse des traces anthropiques permet de reconstituer les modes d’utilisation de l’animal mort (alimentation, artisanat, rituels, etc.).  

 

 

Delphine Barbier-Pain Palynologue

 

Les pollens piégés dans la terre peuvent se conserver de très longue durée notamment dans les zones humides comme les tourbières. Leurs prélèvements et leurs analyses en laboratoire permettent au palynologue de déterminer les espèces végétales et leur nombre à certaines périodes données. Il peut ainsi reconstituer l’évolution du paysage sur des milliers d’années et appréhender l’environnement végétal des sites archéologiques tant naturel qu’anthropisé.

 

 

 

Christian Cécillon Numismate

 

 

 

 

 

Depuis l’invention de la monnaie, les hommes ont toujours perdu, caché ou pieusement offert des monnaies. C’est ainsi un mobilier fréquemment retrouvé sur les sites historiques qui constitue un bon marqueur chronologique, d’autant que la date de frappe peut y être mentionnée. Le numismate étudie les monnaies d’un site archéologique en les identifiant et en les replaçant dans le contexte de leur découverte.

 

 

 

Sylvie Coubray Anthracologue

 

 

 

 

 

L’anthracologue s’intéresse aux relations entre l’homme et la forêt, son objet d’étude concerne les usages du bois. Les charbons de bois recueillis au cours des fouilles archéologiques et issus du bois de combustible domestique aident à comprendre l'histoire des forêts depuis les périodes anciennes. L’anthracologie contribue à la reconstitution des pratiques artisanales (charbonnage, métallurgie…), qui ont une influence sur les milieux forestiers.

 

 

Marie-France Dietsch-Sellami Carpologue  

 

 

 

La carpologie est l’étude des graines et des fruits retrouvés sur les sites archéologiques. Ces macrorestes végétaux prélevés dans les structures archéologiques liées au stockage (silo, grenier), à la transformation (fours, séchoirs) ou au rejet (dépotoirs, latrines), peuvent dans certaines conditions se conserver extrêmement longtemps. Le carpologue qui les étudie peut en identifier les espèces et obtenir ainsi des informations sur l’environnement végétal du site, les pratiques agricoles et l’alimentation des populations anciennes.  

 

 

Véronique Gallien Anthropologue

 

 

 

L’anthropologue étudie les caractéristiques anatomiques, biologiques, culturelles et sociales des êtres humains. Il détermine l’âge et le sexe pour une analyse paléodémographique. Il reconstitue la morphologie des individus pour définir les caractéristiques d’un groupe humain. Il établit un bilan de santé pour comprendre les conditions de vie. Ces informations anthropologiques associées aux données archéologiques et historiques permettent de reconstruire l’histoire des populations.  

 

Alban Horry Céramologue  

 

Les milliers de tessons de céramique que l’on découvre sur les sites archéologiques sont très révélateurs des sociétés anciennes. Les céramologues, au fil des découvertes, ont établi des ensembles de référence d’après les formes, les pâtes et les décors des poteries qui constituent de bons marqueurs chronologiques pour chaque civilisation. Ces poteries témoignent aussi du niveau de vie des hommes qui les ont utilisés et des échanges qu’ils ont pu entretenir. Il permet ainsi, en plus de dater les couches archéologiques, d’apporter des précisions d’ordre social, économique ou politique à l’échelle d’un site, d’une cité ou d’une aire géographique plus vaste.

 

 

Christophe Jorda Géomorphologue

 

 

 

 

Le géomorphologue étudie la succession des couches du sol (la stratigraphie), la nature des roches et la génèse de leur formation. Sur un chantier archéologique, ses observations lui permettent de reconstituer les paysages (steppes, forêts, champs…) et reliefs (lits de rivière, vallons, talwegs, …) anciens et de comprendre l’environnement dans lequel évoluaient les hommes et les modifications qu’ils y ont apportées.  

 

Cyrille Le Forestier Archéo-anthropologue  

 

L’archéo-anthropologie intervient dès la phase terrain pour fouiller et observer les sépultures afin de déterminer les pratiques funéraires : position du corps, mode d’inhumation, présence d’objets etc. En laboratoire, il étudie les caractéristiques anatomiques, biologiques, sanitaires, culturelles et sociales des êtres humains. Ces informations anthropologiques associées aux données archéologiques et historiques permettent de reconstruire l’histoire des populations.

 

 

Isabelle Catteddu Archéologie rurale

 

 

 

 

 

L’archéologue responsable d’une fouille est comme un chef d’orchestre : il encadre une équipe pluridisciplinaire, analyse et croise les informations issues du sol et tente d’y lire l’évolution du terroir. Quelles relations ces sociétés entretenaient-elles avec leur environnement ? Comment ont évolué leurs pratiques d’agriculture et d’élevage ? Comment ces sociétés ont-elles géré leurs ressources, l’eau, la forêt ou encore leurs déchets ? Comment ont-elles aménagé leur territoire ? Comment se sont-elles adaptées aux évolutions climatiques ? Pourquoi certains espaces restent-ils vierges d’occupation jusqu’à nos jours ?  

 

 

Laurent Vaxelaire Archéologie urbaine  

 

En contexte urbain, les occupations humaines se succèdent en un même lieu sur plusieurs siècles, produisant une superposition des vestiges. L’archéologue en ouvrant des « fenêtres » sur le passé, strictement limitées aux emprises des futurs aménagements, et en fonction de contraintes de sécurité particulièrement fortes, tentera de lire cette stratigraphie en prêtant une attention particulière aux relations chronologiques entre les « couches ». La fouille, menée avec le concours de spécialistes,  lui permet de déterminer l’évolution des occupations et leurs mutations (habitat, artisanat, espaces publics, civils ou religieux…). Croisés avec des données recueillies par ailleurs et avec les sources archivistiques, ces résultats participeront à la restitution de la topographie de la ville depuis sa fondation jusqu’à l’époque actuelle.  

 

 

Laurence Bourguignon Paléolithicienne  

 

Pour les périodes préhistoriques, les vestiges lithiques (du grec lithos : pierre) sont généralement les seuls ayant résisté au temps. Tous les matériaux organiques, ossements et matières végétales ayant disparu, les pierres taillées sont les uniques témoins des populations anciennes. À travers leur étude, le paléolithicien retrace les comportements techniques des groupes humains et tente de différencier leurs traditions, déduites de leurs façons de tailler les roches dures, de réaliser leur outillage et de les utiliser. Il peut aussi définir le type d’occupation d’un site et ses différentes aires d’activités. À l’échelle d’un territoire, il devient alors possible d’appréhender la circulation des outils et des matériaux utilisés selon les hommes et les périodes.

 

 

Françoise Labaune Spécialiste du verre

 

 

 

 

L’étude du verre mis au jour lors d’une fouille permet de mieux comprendre un site archéologique. Un fragment peut livrer des indications chronologiques grâce à l’analyse de sa composition chimique, qui varie selon les périodes, et grâce à l’identification de l’objet dont il est issu, dont la fonction, la forme et le décor évoluent à travers le temps. Le geste de l’artisan et la technologie de fabrication peuvent être déterminés. Son usage et le statut social du propriétaire peuvent être appréhendés. Selon les sites de production et les aires de diffusion des objets, la verrerie fournit des indicateurs précieux sur l’économie et le commerce.

 

 

Anne Dietrich Xylologue

 

 

 

 

Le xylologue étudie chaque étape de l’histoire du bois : de la vie de l’arbre à la gestion de son abattage, de ses transformations successives (débitage et transport, artisanat du bois, techniques de construction…) au mode d’utilisation des objets, de l’analyse de leurs usures aux raisons de leur enfouissement ou de leur conservation. En s’associant avec d’autres spécialistes tels que le palynologue, le carpologue ou le dendrochronologue, le xylologue participe aux recherches paléoenvironnementales : études du milieu naturel et de son évolution mais aussi gestion forestière et exploitation des arbres.

 

 

Emilie Claud Tracéologue

 

 

 

Le tracéologue étudie les outils en pierre taillée préhistoriques, plus précisément les traces d’utilisation qu’ils sont susceptibles de porter. Celles-ci constituent des indices du mode de fonctionnement de l’outil, de la matière qu’il a travaillée, du mouvement effectué et de son mode de préhension. Leur interprétation est possible grâce à l’expérimentation, qui permet de comparer les traces portées par les outils préhistoriques avec des traces d’utilisation dont l’origine est connue. L’étude tracéologique permet de compléter les connaissances des archéologues sur la manière dont les hommes préhistoriques ont produit, entretenu, utilisé et rejeté leur outillage. Elle contribue également à préciser la fonction d’un site (atelier, habitat, camp de chasse…), ainsi que sa structuration spatiale, lorsque différentes aires d’activités ont été identifiées.



Partagez