LA CITE ETRANGE DES KABAKOV

Voyage en images à l’occasion de  Monumenta 2014

 

Au printemps 2014, Monumenta fera son grand retour, avec le duo d’artistes russes Ilya et Emilia Kabakov.  Sous le ciel de verre et de fer de la nef du Grand Palais, ils installeront une œuvre inédite.

Film documentaire (26') et web documentaire (40')

de Heinz Peter Schwerfel

 

En coproduction avec Arte France / Rmn Grand Palais

 

Diffusion sur Arte le 18 mai à 16h30

 

Rendez-vous aussi sur Arte Creative pour

"Monumenta 2014, conversation avec les Kabakov"

 

Monumenta est une manifestation artistique unique au monde. Chaque année ou presque, au mois de mai, un artiste à la renommée internationale est invité à prendre possession de la grande nef sous la verrière du Grand Palais, pour y installer une ou plusieurs œuvre(s) conçue(s) spécialement pour l’occasion. Monumenta est ainsi monumentale dans tous les sens du terme : par son lieu, par son impact, par son public, par son budget. Bref, par l’effort artistique et logistique déployé pour transformer l’un des plus beaux et plus exigeants lieux d’exposition au monde en une œuvre à la fois gigantesque et intimiste.

 

Après Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor et Daniel Buren,  au printemps 2014 ce sera au tour des Kabakov d'être les invités de Monumenta.

 

 

Aucun autre artiste au monde que le couple Kabakov n’a joué un rôle aussi essentiel pour l’underground moscovite de la Russie post-soviétique comme pour la scène artistique occidentale, de Berlin à New York en passant par Paris. La fameuse « fin de l’Histoire », les Kabakov ne l’ont pas seulement vécue : ils l’ont anticipée. Le point de départ de leur travail  est une société qui semble avoir été abandonnée par ses derniers citoyens, laissant toutes leurs affaires derrière eux, à l’image de cet « Homme qui s’envolait dans l’espace à partir de son appartement », l’installation la plus célèbre d’Ilya Kabakov. L’œuvre d’art ouvre un voyage vers l’inconnu…

 

Dans le monde des Kabakov, les musées servent aussi de temples qui ouvrent les portes d’un univers à la fois sensuel et conceptuel, poétique et politique, réaliste et spirituel. Autant dire que la nef du Grand Palais se prête idéalement à la scénographie de leur univers artistique : elle va en devenir la peau, l’espace et le temps. Comme Kabakov est aussi l’un des artistes les plus cinématographiques de notre époque, un Tarkovski de l’art contemporain, il entreprend un art de l’immersion et à travers ces œuvres, il espère nous perdre pour nous offrir de nous découvrir, de nous retrouver.

 

 

Le film documentaire

 

Le film articule la vie et l’œuvre des Kabakov, proposant un voyage cinématographique qui mêle souvenirs personnels des Kabakov (à travers un entretien), images d’archives de leurs œuvres, images actuelles en Russie et images de la maquette de leur « Cité utopie ».

 

« L'étrange cité », œuvre des Kabakov pour la prochaine édition de Monumenta, sert de fil conducteur au récit. Depuis l’atelier américain des artistes, le film explore la maquette de cette « étrange cité », il en fait son point d’ancrage : la caméra suit les doutes, les interrogations de ses créateurs en même temps que l’élan, la création en marche. Nous voyons se dessiner sous nos yeux leur « étrange cité », en imaginons les contours et la monumentalité. À partir de là, il se construit autour d’un grand entretien avec le couple, montrant leurs créations majeures, les grandes peintures, dont certaines sont accrochées dans l’atelier de Long Island et qui feront partie de Monumenta.

 

Il se nourrit aussi des images tournées depuis vingt ans par Heinz Peter Schwerfel. Il s’arrête ainsi sur quelques installations monumentales historiques des années 90, décryptées par les Kabakov eux-mêmes depuis leur atelier de Long Island. 

 

 

Le web documentaire

 

Les images des œuvres présentées dans le film trouvent leur continuation et leur aboutissement dans le web documentaire, où le spectateur découvre la « Cité » du Grand Palais, forteresse de méditation et de spiritualité dont la porte, au contraire d’un arc de triomphe, ne symbolise pas notre retour, mais notre départ vers un ailleurs. 

 

Le making off, de même que la visite guidée par le Maître, se veulent une introduction à la visite « réelle » de l’exposition : ils invitent le spectateur à se rendre au Grand Palais pour vivre l’expérience sensorielle conçue par les Kabakov.

 

Les modules de trois minutes environ chacun proposent un aller-retour entre passé et présent, interrogeant les artistes sur les  notions-clés de leur œuvre : l'utopie, la solitude, la décélération, l'espace (au sens de l'au-delà), le passé.  

 

 

 

Heinz Peter Schwerfel, critique d'art et cinéaste, réalise depuis 1985 des portraits filmés d'artistes qui ont été primés à de nombreux festivals. Entre autres, il a travaillé avec Georg Baselitz, Jochen Gerz, Rebecca Horn, Alex Katz, Jannis Kounellis, Annette Messager, ou Bruce Nauman. 



Partagez